Veilles citoyennes d’informations : une première reconnaissance nationale

Extraits de l’article de Frédéric Prat, Inf’OGM publié sur Vivagora

"Nucléaire, OGM, téléphonie mobile, nanotechnologies… : pour décider des choix techniques et scientifiques, le public a rarement son mot à dire. Pour deux raisons : d’une part les thèmes sont (ou paraissent) parfois plutôt difficiles à comprendre et, d’autre part l’information et le débat restent bien souvent confinés au milieu des entreprises et décideurs politiques. Depuis plusieurs années, des associations tentent d’ouvrir ces enjeux à l’ensemble de la population, souvent « bénéficiaire » (ou parfois victime) des innovations… On les appelle des « veilles citoyennes d’informations ». Réunies, pour la première fois, le 24 octobre 2009 à l’Assemblée nationale, elles avaient beaucoup de choses à partager entre elles… et avec le public"


(...) Extraits choisis

"Et il est vrai que les veilles citoyennes ont pour la plupart une action de lobby envers les députés. Lobby ? Le terme ne plaît pas à tout le monde. Beaucoup préfèrent le terme « d’action citoyenne d’information des députés », visible, publique, transparente, au service de l’intérêt général, à celui de lobby, qui reflète une action plus « clandestine » des entreprises à des fins d’intérêts particuliers."

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"Ce que l’on remarque d’emblée c’est que le fil rouge des thématiques suivies par les veilles d’informations est la santé, prise au sens large. Mais aussi, pour tous, un « certain modèle de société et de démocratie ». D’où des informations diffusées qui « donnent un sens, et ne sont pas neutres », cherchant souvent à sortir du cadre classique (les « paradigmes dominants »), pour aller vers un autre modèle de société, plus convivial, plus humain"

(…)

"Certaines veilles, par leur expertise pointue, et les matériels dont elles se sont dotées (laboratoires), produisent de  l’information, de l’expertise, ou de la contre-expertise. D’autres, c’est la majorité, jouent plutôt le rôle de « passeurs d’informations », en décryptant l’actualité, en la mettant en contexte ou en la traduisant. Certains groupes sont proactifs en allant chercher les sujets « émergents »."

"Enfin, certaines jouent un véritable rôle de journalisme, en menant des investigations originales"

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"Dans tous les cas, l’information produite est fiable et rigoureuse, vérifiable, et donne des armes (non-violentes !) pour l’action. Car informer et agir sont intrinsèquement liés."

 

"Veilles citoyennes d’information : qui êtes-vous ?

Plus d’une quinzaine de veilles citoyennes d’information étaient présentes à ce premier colloque national (voir liste ci-dessous). Leur objectif : démocratiser les choix scientifiques et techniques, en informant, en alertant, en mobilisant. Elles sont toutes sous statut associatif loi 1901. Créées pour les trois quarts d’entre elles dans les dix dernières années (50% ont moins de cinq ans), quatre arborent fièrement dans leur sigle le « double I », pour « informations indépendantes », l’une des caractéristiques d’une veille citoyenne d’information (c’est la CRIIRAD qui, dès 1986, a montré la voie). Elles ont entre zéro et quatorze salariés (mais la moitié d’entre elles en a moins de trois), pour des budgets annuels variant de 0 (bénévolat total) à un million d’euros (la moitié a cependant un budget inférieur à 100 000 euros). Les fonds proviennent soit uniquement des membres, soit d’un mixte entre les adhésions, les ventes, les fondations et les fonds publics (nationaux ou des collectivités territoriales), dont parfois, mais rarement, l’Union européenne."

 

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VivAgoveille n°12 - Décembre 2009 - est en ligne (PDF)